la
morale
entrerPOLAR
la
morale
entrerMalgré son cynisme, le héros (ou anti-héros) du polar a souvent une morale sans faille, à laquelle il se tient. Flic ou voyou, il croit à la justesse de ses valeurs : sa morale n'obéit qu'à la loi qu'il a choisie.
C’est cette morale, souvent accompagnée d’un sentiment de solidarité envers ses pairs, qui nous pousse à avoir de l’empathie pour un personnage qui a priori ne répond pas à nos attentes : meurtres, braquages, corruption, l’antihéros semble tout faire pour qu’on ne s’y attache pas. Dans Classe tous risques de Claude Sautet, Lino Ventura, gangster condamné à mort, veut rentrer clandestinement en France. Mais malgré ses crimes, on sait le personnage droit, fidèle et loyal : ceux qu’il a aidés dans le passé et qui refusent de l’aider aujourd’hui sont ceux qui sont vus comme immoraux.
Quand, rarement, la morale du héros correspond à celle de la société, comme celle de l’incorruptible Frank Serpico, on ne la salue pas, bien au contraire. Quand on lui remet une médaille, il éructe : “C’est pour quoi ? Pour être un flic honnête ? Hmm? Ou pour être assez stupide pour se faire tirer dessus. Dites-leur qu’ils peuvent se la garder”.
Enfin, encore plus rarement dans le polar, il existe des personnages au-dessus de tout soupçon d’immoralité : c’est le cas de l’inspecteur Antoine, magnifiquement interprété par Louis Jouvet dans Quai des Orfèvres, d’Henri-Georges Clouzot. Alors qu’on lui offre un coupable sur un plateau, il ne cherche que la vérité. Quand on le remercie de rechercher le vrai coupable, il s’indigne : “Ne me remerciez pas, je ne fais que mon travail”.