Dans le polar, le héros est antihéros. Plus complexe, plus noir et souvent plus intéressant, le personnage central du film dit “policier” s’éloigne du héros typiquement hollywoodien par bien des aspects. Voyou, détective privé, flic, il est souvent fatigué, imbibé, cynique ou dragueur invétéré. Quand il ne cumule pas.

Dans le capharnaum entêtant d’une métropole animée, l’anti-héros trimballe sa dépression au gré des femmes fatales et des enquêtes. L’homme n’est pourtant pas sans qualités : sa fragilité est souvent due à son incorruptibilité morale, et son sens du devoir, qui s’éloigne pour autant de la loi, pour suivre son instinct, et ses codes propres. Dans le dernier film de Roman Polanski aux États-Unis, Chinatown, Jack Nicholson, qui immortalise le privé Jake Gittes, se défend : “J’ai été accusé de plein de choses, mais jamais d’être innoncent”, lance-t-il à Faye Dunaway. Et Quand on lui demande, par téléphone, s’il est seul, Jake Gittes répond : “N’est-ce pas le cas de tout le monde ?”.

L’anti-héros est souvent un loup solitaire, qui refuse de s’attacher : sa liberté est sa raison de vivre. Il porte les stigmates d’une société dont il n’attend plus rien, et se sent souvent mieux dans les bas-fonds de la cité qu’il connait, que dans les salons de la haute société. Dans le Dahlia noir, des flics corrompus affrontent des voyous sans scrupules, des pornographes et des meurtriers. Ils fréquentent d’ailleurs les mêmes rues que dans le Dahlia bleu, Pour toi j’ai tué, ou Chinatown : Los Angeles, la ville du vice, est souvent le théâtre des rencontres de la pègre et de la vermine. La ville la plus corrompue d’Amérique a raison de toutes les bonnes volontés, du haut de ses falaises, jusqu’au fonds de ses tripots.

L’anti-héros trouve parfois sa rédemption par l’amour, mais le plus souvent, c’est l’histoire qui a sa peau.

Qui est donc vraiment ce plus héroïque des anti-héros de Chinatown ? Regardez notre « Blow Up » spécial Jack Nicholson !

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